Depuis plusieurs années, la formation continue occupe une place centrale dans l’évolution de notre profession. Mais avec l’arrivée des certifications périodiques, les règles du jeu changent clairement pour les kinés. Cette fois, il ne s’agit plus simplement d’une recommandation ou d’un “plus” dans un parcours professionnel : la certification devient une obligation réglementaire pour tous les professionnels en exercice. Alister Formation vous propose ici une synthèse du visage que prendra la certification périodique en 2027 !
Pour beaucoup de kinés, cette réforme soulève des questions très concrètes :
Quelles formations seront reconnues ? Combien d’heures faudra-t-il effectuer ? Qui contrôlera le parcours ? Quels risques en cas de non-respect ? Et surtout : comment transformer cette obligation en véritable levier d’évolution professionnelle plutôt qu’en contrainte administrative supplémentaire ?
L’objectif de cet article est justement de faire le point, de manière claire et concrète, sur les futures certifications périodiques des kinésithérapeutes, en s’appuyant principalement sur les communications officielles de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes.
Une obligation désormais actée pour tous les kinés
La première chose à comprendre est que les certifications périodiques ne sont plus un projet théorique. Les décrets publiés fin 2025 et les référentiels officiels publiés en février 2026 ont confirmé leur mise en œuvre pour l’ensemble des kinés en activité, qu’ils soient libéraux, salariés ou mixtes.
Cette réforme s’inscrit dans la continuité de la loi de transformation du système de santé de 2019. L’idée est simple : garantir que chaque professionnel de santé maintienne ses compétences à jour tout au long de sa carrière.
Concrètement, les kinés devront désormais justifier régulièrement d’actions de formation et d’amélioration des pratiques professionnelles dans un cadre structuré.
Et il faut être clair : les certifications périodiques vont progressivement devenir un élément incontournable de l’exercice professionnel, au même titre que l’inscription à l’Ordre ou les obligations déontologiques.
Un cycle de 6 ou 9 ans pour valider son parcours
Le dispositif fonctionne sur des périodes de 6 ans pour les personnes ayant obtenu leur diplôme à partir de 2023 et 9 ans pour les personnes diplômés jusqu'au 31 décembre 2022. Pendant ce cycle, les kinés devront réaliser 8 actions (2 formations par axe) réparties dans quatre grands axes définis par le référentiel national.
Ces quatre axes sont :
- Actualisation des connaissances et des compétences (La théorie !)
- Qualité des pratiques professionnelles (La pratique !)
- Relation avec les patients
- Santé personnelle du professionnel
C’est un point important : les certifications périodiques ne concernent pas uniquement la technique ou la rééducation. L’Ordre souhaite également intégrer la communication, la prévention de l’épuisement professionnel et l’analyse des pratiques.
Pour les kinés, cela signifie qu’une formation purement clinique ne suffira plus à remplir toutes les obligations du cycle. Alister Formation vous proposera un accompagnement et un programme adapté à ce nouveau cadre de formation.
Des formations plus variées qu’avant
Bonne nouvelle : le dispositif ne se limite pas au DPC classique.
Selon les référentiels publiés par l’Ordre, plusieurs types d’actions pourront être pris en compte dans les certifications périodiques :
- Formations DPC
- Formations continues classiques
- Diplômes universitaires
- Évaluation des pratiques professionnelles
- Gestion des risques
- Analyse de pratiques
- Actions collectives territoriales
- Protocoles de coopération
- Certaines démarches institutionnelles
Autrement dit, les kinés qui se forment déjà régulièrement ne partiront pas de zéro.
La logique affichée par l’Ordre est d’éviter une usine à gaz déconnectée de la réalité du terrain. Les parcours pourront être adaptés selon :
- le mode d’exercice,
- les spécialisations,
- l’environnement professionnel,
- les projets de carrière.
Un kiné du sport n’aura évidemment pas les mêmes priorités qu’un confrère en neurologie, en gériatrie ou en respiratoire.
“Ma Certif’Pro Santé” : le futur tableau de bord des kinés
L’un des éléments les plus importants à venir est le téléservice national baptisé “Ma Certif’Pro Santé”.
Cette plateforme numérique permettra aux kinés :
- de suivre leur progression,
- d’enregistrer leurs actions,
- de vérifier leur conformité,
- d’avoir une visibilité sur leur cycle de certification.
Certaines données pourront être consultées par les instances habilitées, notamment l’Ordre ou certains employeurs, dans le respect du cadre légal annoncé.
Pour les kinés, cela signifie une traçabilité beaucoup plus structurée des formations réalisées.
On peut raisonnablement penser que la profession va progressivement entrer dans une culture du suivi continu des compétences, avec davantage de visibilité sur les parcours de formation.
Une évolution qui peut aussi valoriser les kinés engagés
Même si beaucoup de confrères voient aujourd’hui les certifications périodiques comme une contrainte supplémentaire, il faut aussi reconnaître que cette réforme peut devenir un levier de valorisation professionnelle.
Depuis plusieurs années, les patients accordent de plus en plus d’importance aux spécialisations et à la qualité des formations suivies par les kinés. On le constate d’ailleurs régulièrement dans les retours de patients et les discussions professionnelles : les praticiens qui se forment régulièrement inspirent davantage confiance.
Dans un contexte où la profession évolue vite — accès direct, nouvelles recommandations, développement des pratiques spécialisées, évolution scientifique permanente — rester à jour devient presque indispensable.
Les certifications périodiques pourraient donc aussi permettre de mieux structurer cette montée en compétence continue.
Ce qu’il faut retenir dès maintenant
Pour les kinés, plusieurs éléments sont déjà clairs :
- les certifications périodiques seront obligatoires ;
- elles fonctionneront par cycle de 6 ans ;
- plusieurs types de formations pourront être validés ;
- le parcours sera organisé autour de 4 axes ;
- une plateforme nationale de suivi arrivera prochainement ;
- l’Ordre jouera un rôle central dans le contrôle et l’accompagnement du dispositif.
Le plus intelligent aujourd’hui est probablement d’anticiper plutôt que de subir. Les kinés qui prennent déjà l’habitude de structurer leur parcours de formation auront une longueur d’avance lorsque le dispositif sera pleinement opérationnel.
Car au-delà de l’aspect réglementaire, ces certifications périodiques traduisent surtout une transformation profonde de notre métier : être kiné ne signifie plus seulement obtenir un diplôme initial, mais démontrer tout au long de sa carrière une capacité à évoluer, se remettre à jour et améliorer ses pratiques.
Cette certification périodique peut sembler effrayante de prime à bord. Mais derrière cela se cache une intention partagée par tous : proposer des soins de qualité en lien avec les dernières recommandations scientifiques, optimiser la relation thérapeute / patient et prendre grand soin de nos kinésithérapeutes. Le but commun : donner encore plus de valeur à notre profession pour avoir en retour une reconnaissance accrue à tous les niveaux !


